Naissance des cartes

 

Images à jouer

 

Tassé dans son fauteuil, le jeune roi Charles VI, vraiment très malade, ne cesse pas d'être émerveillé Il étale, devant lui, ses grandes cartes de parchemin commandées au peintre de la Cour. Voici l'Empereur et la Reine, le Pape et le Pendu, le Chapelain, le Fauconnier, l'Ecuyer, le Valet d'Epée. Il y en a cinquante, et toutes enluminées de robes violettes, d'armures argentées, de pourpoints rouges, de couronnes d'or, et puis des bleus, des verts, des jaunes.

Ce sont les premières cartes françaises avec lesquelles, d'ailleurs, on ne joue pas. On se contente de les regarder l'une après l'autre. Elles sont une fête pour les yeux. Bientôt, cependant, on veut des points sur les cartes comme sur les dés. Il faut des dix, des neuf, des huit. C'est beaucoup plus amusant que le Fauconnier ! Sait-on jamais ? Si tout à coup, la chance vous donnait tous les dix ou tous les rois ? Car on a gardé les rois avec les reines et les valets. Il y a, même, quatre familles. Deux noires : les piques et les trèfles. Deux rouges : les carreaux et les cœurs. Et il ne s'agit plus, maintenant, de regarder des images, mais de gagner beaucoup d'argent

Jeux en bois
jeu de cartes

Les cartes sont redevenues à la mode avec le poker. Les anciens jouaient à la belote, à la coinche dans les campagnes au début du vingtième siècle. Mais il est intéressant de connaitre l'origine des cartes.

 

Jeux de cartes


Jeu de « Reynes » et « Cinq de rose »

Une fois de plus le crieur annonce que les jeux de cartes sont interdits. Il faut en arriver là car des artisans quittent leur travail pour aller jouer dans les tavernes. Et le soir, on ils se battent dans les rues en s'accusant de « Volerie » car il y a, déjà, des tricheurs.
Les fabricants de cartes font la mine. Alors, ils reviennent aux images, comme celles de Charles VI, et inventent le « Jeu des Reynes Renommées », le « Jeu de l'Histoire de France », le « Jeu de la Géographie ».
Et voici tous les rois, toutes les reines, le jeu de la Bourgogne ou de la Normandie, et madame l'Afrique, sur son char traîné par deux lions.
Les écoliers du XVI em siècle en sont ravis. Quand le Prévôt aura levé son interdiction, on réimprimera de vraies cartes à jouer.
Certains cartiers en profiteront, d'ailleurs, pour changer un peu et lancer une mode nouvelle.
Ils fabriqueront des cartes rondes. Ils remplaceront les c œurs, les carreaux, les trèfles et les piques par des fleurs, des fruits, des animaux. On aura le 6 de rose, le 5 de pomme, le 3 de lapin, le 4 de perroquet. D'autres, encore, habilleront les rois, les dames et les valets à la dernière mode du jour.