Ancêtre du tennis

 

 

La « paulme »

C'est le jeu de ces petits paysans qui se renvoient la balle, avec la paume de la main, par-dessus la haie. C'est le jeu des moines et celui des chevaliers, dans le parc des monastères ou la cour du château. C'est le jeu des artisans, le dimanche, « sitôt vêpres ».
C'est, enfin, le jeu du Roi, où qu'il se trouve, avec ses familiers. Depuis toujours et partout, on joue à la paulme.
Même l'hiver, malgré la pluie, car on a construit des salles de jeu de paume, avec des dallages à carreaux blancs et noirs et des loges pour les spectateurs. Et si, pendant longtemps, la main nue a renvoyé la balle, aujourd'hui, on porte le gant.

Les paulmiers du XV em siècle — ces artisans qui fabriquent les balles —vendent un gant de cuir très épais doublé de cordes depuis les doigts jusqu'au poignet.
Ils ont inventé aussi de grands battoirs avec une peau de parchemin tendue comme celle d'un tambourin.

Jeux en bois
jeu de paume

Se servir d'une main pour propulser un objet, nombre de jeu adopte ce concept et au fil des années s"est transformé pour devenir actuellement, golf, tennis de table...etc

Les jeux de raquettes


Raquettes en bois et filets

Les passants regardent cette nouvelle enseigne qui signale la boutique du paumier. C'est un gros grillage tout rond avec un long manche.
Au XVI em siècle, le paumier est devenu raquetier. Il perce, maintenant, son bois ovale et passe dans les trous des boyaux de mouton. Jambe de-ci, jambe de-là, à cheval sur l'établi très bas, l'apprenti serre bien fort, dans ce gros coquetier rond, des poils de chien ou la bourre de laine pour faire des balles « d'une pesanteur raisonnable ». Car les balles envoyées à la main sont beaucoup trop légères pour la raquette. De temps à autre, le contrôleur passe dans les ateliers. Il peut prendre trois balles et les couper par le milieu « si bon lui semble » afin de vérifier qu'elles sont bien « esioffées ». Et puis le paumier vend, aussi, des filets. Jusqu'alors, la corde était suffisante. Mais, avec la raquette, la balle file comme l'éclair... A-t-elle passé sous la corde ? On n'a rien vu. Désormais, si elle s'égare dans le filet, on saura qu’elle est manquée.
Enfin notre paumier-raquetier est chargé d'entretenir les jeux de paume et de louer le costume des joueurs : bonnet, chemise, pantalon, bas et souliers.
Il sera puni d'une grosse amende s'il ne lave pas chaque chemise après usage...

 

« En chemise déchirée sur le dos »

Henri IV est fort satisfait de son entrée dans Paris, le 15 septembre 1590. Le panache au poing, il a salué toutes les Parisiennes accoudées aux fenêtres et ce peuple heureux, bruyant, autour de lui. Aussi, dès le lendemain, le roi s'inquiète d'un jeu de paume. Il veut se délasser toute « l'après-dinée ». On le conduit près du Louvre, dans une grande salle où il trouve un filet, déjà balles, des raquettes et ses écuyers installés aux premières places. Mécontent, le roi les écarte pour faire asseoir les dames.
Puis la partie s'engage avec notre Henri IV qui court au filet, revient, guette l'adversaire, se jette de côté, renvoie sa balle d'un coup sec.
Très vite, il est « en chemise déchirée sur le dos ». Peu importe ! Il est maître du jeu, beaucoup mieux qu'à Mantes, contre les boulangers, où il perdit toutes ses mises !
Entre deux balles, il se retourne vers ses admiratrices et leur sourit.